Le dernier numéro de "L'Auto-Journal" du 16 mars 2006 reproduit dans sa rubrique "il y a 40 ans" sa une de l'époque, datée du 17 mars 1966, consacrée à celle qui aurait dû être "la nouvelle 2 CV", la future Dyane.
C'est l'occasion de revenir sur ce modèle finalement peu connu, produit pourtant pendant plus de 15 ans, mais qui a vécu dans l'ombre de celle qu'elle devait remplacer et qui, paradoxalement, lui a survécu. Est-ce le dessin plus fonctionnel de la Dyane qui a déplu, est-ce que sous une modernité apparente ne se cachait pas finalement un nouvel habillage moins gracieux de la 2 CV, et dans ce cas, pourquoi préférer la copie à l'originale ?...ou bien la Dyane était-elle finalement déjà démodée lorsqu'elle apparût à l'aube des années 70, alors que de nouvelles petites voitures plus modernes allaient bientôt s'imposer, comme par exemple la Renault 5?
Un peu d'histoire...
Citroën a cherché dans les années 60 d'une part à combler le trou abyssal qui existait entre une 2 CV et une DS/ID, ce qui a abouti à l'ami 6, et également à remplacer sa 2 CV qui aurait bientôt 20 ans (en 68). Les études furent à l'époque confiées au bureau d'étude de Panhard sous la Direction de Louis Bionier, Citroën ayant racheté l'entreprise en 1965. L'objectif était alors de remplacer la 2 CV vieillissante. Citroën effectue de noubreuses retouches au travail du bureau d'étude de Panhard pour arriver au résultat final que nous connaissons. La Dyane est donc née dans la douleur, surtout si l'on connait les rapports très tendus entre les "anciens" de chez Panhard, et les équipes Citroën, ce qui entraîna une guerre interne qui continua bien après la fin assez catastrophique de la marque Panhard deux ans seulement après son rachat par la marque aux Chevrons...
La présentation de la Dyane eut lieu en 1967. Intéressante sur bien des points, la Dyane souffrit de n' être qu'une 2 CV embourgeoisée et eut du mal à lutter contre la concurrence. Produite jusqu' en 1983 à un million quatre cent mille exemplaires, elle s'effaça 7 ans avant celle qu'elle devait remplacer. La Dyane symbolise à elle seule les difficultés qui précipitèrent quelques années plus tard Citroën dans les griffes de la marque au lion, dans la mesure où elle fut enfantée dans la douleur, et que Citroën n'avait pas su faire évoluer son cahier des charges face à une concurrence de plus en plus affûtée (Renault), et qui analysa avec plus de pertinence les nouvelles attentes des consommateurs. La Dyane ne constituait pas une réponse suffisant face à la montée du segment intermédiaire (que l'on appellerait M1 aujourd'hui), et que Citroën rejoindra bien plus tard (trop tard) en 1971 avec la GS...
Ma dernièe acquisition
Il se trouve que ma dernière acquisition (voir l'album photo) est une Dyane 4 de 1972, qui vient compléter ma collection de Citroën désormais au complet (pour une seule raison : plus de place !). Quelle drôle d'idée d'acheter une Dyane ? Vous allez le voir, il y a toujours une logique dans mes choix de véhicules : je voulais, après avoir goûté les grandes Citroën qui ont marqué leur temps (Traction Avant, DS 19, DS 23 i.e.), acquérir une 2 CV munie de son fameux bicylindre à air dont la sonorité à elle seule est un véritable poème sur nos campagnes...Après avoir vu quelques véhicules à vendre, je me suis rendu compte de trois chose : un, il est difficile de trouver un 2 CV dans un état correspondant à mes standards (c'est à dire quasi parfait) pour un modèle des années 60 qui sont à mes yeux les plus intéressants, deux, l'habitacle d'une 2 CV est vraiment très exigu pour moi, et le poste de conduite trop petit pour mon 1m90.
Trois, la 2 CV, c'est vraiment rustique (trop pour moi ?) et il me semble difficile de concilier ma volonté d'utiliser régulièrement cette voiture d'une part et sa rusticité/fragilité d'autre part. Donc ma décision a été d'attendre d'avoir plus de place pour acquérir une très belle 2 CV que je conserverai dans un état parfait c'est à dire sans trop l'utiliser. Il me fallait donc trouver une autre solution pour mes courses du dimanche matin au son du bicylindres, et cette solution se présenta à moi presque par hasard, lorsque je tombais né à né un jour de décembre avec une Dyane 4 quasi neuve avec ses 40.000 km d'origine.
Je m'installe, tout est parfait, d'origine, je ne suis pas trop à l'étroit, et en plus la belle possède un embrayage centrifuge, les sièges avant séparés, la radio d'époque, elle est donc quasiment "toutes options"...
L'affaire fut faite rapidement et je suis désormais l'heureux propriétaire de cette jolie Dyane.
Impressions de conduite...
C'est toujours un grand moment de prendre le volant d'une voiture ancienne car c'est comme prendre une machine à remonter le temps automobile. Déroutante au début (l'ergonomie est...particulière avec la commande de lave glace...au pied, le bouton rouge du démarreur qui ressemble à celui d'une lampe de bureau, les poignées intérieures d'ouverture de portes introuvables sans le mode d'emploi la première fois...). Une fois au volant, c'est le manque de puissance du moteur de 24 Ch DIN qui surprend. On a tendance à passer les rapports de vitesse trop tôt, ce qui est une erreur vu que le maigre couple est plutôt haut perché. Le niveau sonore est élevé dès que l'on dépasse les 70 km/h, et la finition intérieure "tôle et plastique dur" ferait passer une Dacia Logan d'aujourd'hui pour une limousine de luxe. Mais il faut se remettre dans le contexte de l'époque, où les petites voitures étaient réellement minimalistes dans leur conception et leur fabrication. Le progrès automobile permettrait aujourd'hui très certainement de produire et de vendre une Dyane ou une 4L de l'époque pour quelques milliers d'euros...mais persone n'en voudrait, tant l'automobile a évolué entre temps...
Ce qui apparâit remarquable au fil des kilomètres, c'est que derrière la simplicité de conception, le véhicule étonne par ses prestations. La simplicité de ses commandes et de sa mécanique en fait une voiture sans souci, qui démarre par tous les temps, ce qui explique qu'elle ait séduit autant de femmes à l'époque. Son comportement, ensuite, étonne : le confort, tout d'abord, le freinage ensuite, la tenue de route excellente et sécurisante, enfin. Après quelques kilomètres à son bord, il faut bien reconnaître que la Dyane est attachante et remplit parfaitement sa tâche qui, ne l'oublions pas, se limitait à des trajets à 70-80 km/h sur des routes de campagne ou en ville, où elle est également agréable. Seul un chauffage quasi inexistant vient ternir quelque peu ce tableau. Mais quand on aime...
Voir ma dyane qui a 28 ans sur le blog suivant :
http://vendeephotos.blogspot.com/
Rédigé par: Sébastien | 07 décembre 2006 à 13:33