Les lecteurs assidus de Citropersoboulot connaissent déjà mes convictions au sujet du thème "automobile et environnement". Depuis longtemps déjà, je m'insurge contre ceux qui veulent à tout prix tuer l'industrie automobile en l'accusant de tous les maux environnementaux de notre planète. J'ai déjà montré, preuves à l'appui, que l'industrie automobile était l'une des plus responsables, et que les efforts accomplis depuis le début des années 90 ont permis des progrès spectaculaires. Malheureusement, nos médias et dirigeants politiques ont donné un véritable porte-voix à tous les détracteurs de l'automobile, alors que celle-ci a fait preuve d'un étonnant mutisme face à ces attaques virulentes et souvent fantaisistes.
Déjà, on annonçait dans tous les médias que le Grenelle de l'Environnement ferait mal, très mal même, à l'automobile. Certains se réjouissaient déjà de pouvoir porter l'estocade à une industrie déjà à genoux. On évoquait une réduction généralisée des vitesses, un gel de tous les projets routiers, une super taxe sur les véhicules dits "polluants", une hausse de l'essence pour rendre l'énergie (trop) chère au plus grand nombre...
Et le Grenelle de l'Environnement arriva...j'imaginais déjà le pire...et, surprise, on parla très peu d'automobile. On nous promet certes un gel des projets routiers non nécessaires, mais a-t-on déjà construit des autoroutes sans raisons valables ? On crée une "éco pastille" pour décourager l'achat de véhicules polluants, ce qui n'est ni plus ni moins que le retour de la bonne vieille vignette dont les gouvernements français n'ont jamais réussi à se passer bien longtemps ; on veut favoriser le développement des transports en commun et l'achat des véhicules non polluants par les administrations, mais qui s'en plaindra ?
En réalité, le Grenelle de l'Environnement a eu un immense mérite : celui d'aborder toutes les problématiques de l'environnement en même temps, sans tabous mais aussi sans idéologie ni exagération vis-à-vis de l'un ou l'autre des thèmes discutés.
L'automobile a de ce fait été traitée à égalité parmi d'autres thèmes et pour la première fois l'opinion publique a pu se rendre compte que les problèmes environnementaux ne sont pas uniquement liés à quelques symboles soigneusement choisis par quelques illuminés surmédiatisés. Les français ont en particulier découvert grâce au Grenelle de l'Environnement que la construction et l'habitat sont des secteurs tout autant concernés par les émissions de CO2 et le gaspillage d'énergie. Ils ont découvert que les pesticides constituent un vrai problème environnemental. Et que finalement, les transports, avec environ 20 % des émissions totales de C02, dont la moitié pour les voitures particulières, doivent être considérés comme un élément parmi d'autres de la problématique.
Le deuxième effet du Grenelle de l'Environnement est que l'on s'intéresse aujourd'hui à ce que chacun
est capable de faire pour relever le défi de l'environnement. Après les constats vient le temps de l'action, et l'opinion publique ainsi que les médias s'intéressent désormais logiquement aux solutions que propose l'industrie, automobile comprise, pour améliorer le bilan environnemental des biens produits. Saisissant la balle au bond, les industriels ont décidé de reprendre la parole et n'hésitent plus à communiquer abondamment à grand renfort d'opérations presse et de publicité sur les recherches en cours, les solutions trouvées, les perspectives procurées par telle ou telle technologie.
Et là, surprise, l'industrie automobile étonne encore : beaucoup de pistes prometteuses existent pour que la voiture de demain soit particulièrement propre et écologiquement irréprochable, n'en déplaise à certains. Elle a simplement besoin d'un peu de temps pour que ces nouvelles technologies soient économiquement compétitives afin que les consommateurs les acceptent. Il s'agit d'évolutions, plus que de révolutions, qui permettront, mises bout à bout, d'atteindre des émissions de CO2 rapidement comprises entre 90 et 150 g/km, avec une moyenne à 120-130 g/km, ce qui correspond à l'ambitieux
objectif que s'apprète à fixer l'Union Européenne à l'horizon 2015.
Au delà des labels "marketing" mis en avant par les différents constructeurs (Renault ECO 2, BMW Efficient Dynamics, Peugeot Blue Lion, VW Blue Motion, etc..), on trouve pour certains comme BMW par exemple de vrais efforts afin que les nouveaux véhicules consomment peu et émettent moins de CO2. Par exemple, en suivant l'adage "les petits ruisseaux font les grandes rivières", BMW a réussi à mettre sur le marché une berline
dont le moteur développe 177 ch et émet seulement 128 g de CO2 par km ! Pourtant, il n'y a rien de révolutionnaire derrière cette performance : juste une démarche intelligente derrière la conception de chaque élément consommateur ou producteur d'énergie : pompe à eau électrique et débrayable, pompte de direction assistée "varioserv" , récupérateur d'énergie au freinage, compresseur de climatisation débrayable, pneus à basse résistance au roulement, fonction Stop and Go, sans oublier des moteurs à injection directe d'essence. Moins de 130g, des performances de premier plan sans même avoir recours au full hybride...chapeau bas, messieurs les ingénieurs..
Il est désormais possible de se faire une idée précise des progrès réalisés et à venir grâce aux nombreuses pistes explorées par l'industrie automobile et ses fournisseurs actuellement :
Tout d'abord l'hybride, qui va connaître des progrès spectaculaires, avec l'arrivée des hybrides diesel, l'amélioration du rendement des batteries et aussi la possibilité de recharger les batteries sur secteur. Dans moins de 10 ans, les moteurs hybrides et essence auront la même puissance, et la plupart des déplacements urbains s'effectueront en mode "zéro émission". Après-demain, les batteries se miniaturiseront tout en gagnant en capacité grâce aux nanocondensateurs...
Les moteurs à explosion connaîtront aussi des évolutions spectaculaires, n'en déplaise à ceux qui leur prédisaient une fin certaine et rapide. Toujours plus sobres grâce aux downsizing et à l'injection directe, ils vont bientôt se retrouver sans arbre à cames (système "Camless"), ceux-ci étant remplaçés par un système de commande électromagnétique des soupapes permettant un pilotage optimal du calage en fonction des conditions d'utilisation. Le gain de consommation devrait avoisiner les 20 % !
On verra ensuite arriver un nouveau type d'injecteur révolutionnaire de type "piézoélectrique" (illustration) permettant un dosage très fin du carburant et une nouvelle baisse de la consommation.
La généralisation de l'électronique pilotant chaque fonction mécanique (on parle ici de "mécatronique") permettra également d'optimiser en permanence le fonctionnement du véhicule afin que chaque élément mécanique ne soit en service que si c'est vraiment nécessaire et avec la bonne quantité d'énergie...
Je ne vais pas citer de manière exhaustive toutes les innovations sur lesquelles travaillent les ingénieurs afin de rendre les voitures plus propres, mais aussi plus sûres ou plus "intelligentes", car nous pourrions en faire un ouvrage et ce n'est pas le propos ici. J'espère que les quelques exemples mentionnés ci-dessus permettront aux lecteurs, profanes ou non, de comprendre que l'industrie automobile est responsable et qu'elle est prête à relever les défis qui se présentent à l'aube du XXIème siècle.
Toute la problématique, finalement, est de permettre au plus grand nombre de continuer à bénéficier de cet incroyable outil de liberté et de développement qu'est l'automobile. Certains aimeraient bien mettre fin "au privilège du plus grand nombre" et revenir à un monde sans voitures, où ces dernières deviendraient un luxe inaccessible réservé inévitablement à une élite, et où le reste de la population se retrouverait dans les mêmes conditions de déplacement ou presque qu'il y a un siècle.
Une automobile responsable, et pour le plus grand nombre, tel est le vrai enjeu des décennies à venir...
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