Amis lecteurs, l'année 2007 se termine. Je souhaitais à travers cette note vous faire part de mes voeux pour l'année 2008, de vous souhaiter une bonne santé, beaucoup de bonheur en famille, de virées en voitures anciennes avec vos amis, et mille autres choses.
2007 fut encore une année difficile pour l'automobile. L'arrivée du bonus-malus me donnerait presque envie de renier l'article récent que j'ai écrit sur le Grenelle de l'environnement : encore une fois, la seule mesure concrète prise pour l'instant concerne uniquement l'automobile. C'est tellement plus facile...et sans risque, l'automobiliste étant l'être le plus passif au monde...
La prise en compte des émissions de C02, et non des polluants automobiles (dont les particules) relève de la démagogique. On se retrouve en effet avec des moteurs essence pénalisés, et des diesels plébiscités, alors que le bilan global n'est pas aussi contrasté entre les deux carburants. Il n'y a guère qu'en France, pays du gazole et, tiens, des petites voitures, que le diesel a autant de vertus...et pollue aussi peu ; mais bon, puisque c'est le choix qui a été fait...et qu'il est socialement acceptable, n'allons pas nous battre contre des moulins à vent.
Nous ne sommes pas à un raccourci près, et désormais, il vaudra mieux être célibataire, habitant si possible en ville, et roulant en smart qu'habitant à la campagne ou pire, à la montagne, avec une femme, un chien et trois enfants. Espérons que le "Grenelle" ne nous oblige pas un jour tous à vivre dans des studios, familles nombreuses comprises, en raison d'un bilan énergétique beaucoup plus favorable pour ce dernier que pour un 4 pièces. Mais arrêtons là le mauvais esprit, tout ceci n'est pas très sérieux (quoique, vous verrez...).
Année funeste pour l'automobile, donc, ce qui ne manquera pas de réjouir tous les anti-bagnoles, qui déploient une énergie et une haine assez considérables sur leurs sites internet que je consulte de temps en temps juste pour me tenir au courant et voir ce que certains irresponsables fanatiques et illuminés sont capables d'écrire (un exemple : allez faire un tour sur Antivoitures.free.fr, vous comprendrez).
Mais, au delà de l'automobile, stigmatisée finalement comme bien d'autres secteurs ou domaines d'activité, l'année écoulée me donne l'occasion de prendre un peu de recul, et de m'interroger, comme beaucoup, sur l'évolution du monde dans lequel nous vivons.
Une fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai pas de mon sujet favori dans les quelques lignes qui vont suivre... Profondément optimisme, et clairement dans l'action, je constate malgré tout que l'année 2007 nous confirme que le monde est entré dans une zone de turbulences durables.
La déstabilisation du Moyen-Orient est profonde, et le fossé entre l'Occident et l'Orient plus grand que jamais. L'obscurantisme religieux se développe jusqu'aux portes de l'Europe, et certains sont prêts à tout pour imposer leurs croyances. Dans le même ordre d'idée, la montée des communautarismes menace. Face à l'émergence des grandes peurs millénaires, la société se replie sur des communautés, sortes de nouvelles tribus réconfortantes et protectrices, où le lien social et la solidarité sont particulièrement développés. Le problème est que sous chaque phénomène communautaire, l'intolérance guette : celui qui n'en est pas, c'est l'ennemi, et chaque communauté est prête à tous les extrémisme pour défendre ses idées, voire les imposer.
Autre facteur d'incertitude, la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, mais aussi du continent Sud-américain chamboule les rapports de force mondiaux. Les pays occidentaux qui ont monopolisé le pouvoir de décision de toutes les instances internationales et conduit le monde selon leurs principes ont désormais en face d'eux des puissances nouvelles qui n'entendent pas rester passives et se laisser dicter la marche à suivre. Pire, certains pays, comme l'Iran ou même le Venezuela ont le goût de la revanche et veulent faire payer d'une manière ou d'une autre l'impérialisme qu'ils ont trop longtemps subi. Jusqu'où pourront-ils aller ? Mystère...
En outre, si nous profitons grâce à l'Inde et la Chine d'incroyable opportunité de marchés pour nos entreprises et de produits à bas prix pour nos consommateurs, ces nouveaux géants ont également un immense marché intérieur qui, s'il suit notre mode de développement (pourquoi leur refuser ce droit puisque ça a été le notre), risque d'épuiser nos ressources naturelles beaucoup plus vite que prévu, et d'accélérer la survenue de problèmes environnementaux déjà préoccupants : La flambée des matières premières et les changements climatiques en sont les conséquences bien réelles, et la déforestation massive un facteur aggravant..
Je pense aussi à la progressive déstabilisation de zones de plus en plus importantes du globe (dernièrement l'Afrique noire, après le Moyen Orient, l'Asie Centrale, et demain peut-être la Turquie ou certains pays d'Amérique du Sud), ainsi qu'aux nouveaux risques nucléaires, et au terrorisme désormais sans frontières...
La population mondiale quant à elle approche des 7 milliards d'individus (dont 4 milliards en Asie), et elle augmente de 195.000 personnes par jour. Comment procurer à chacun de quoi se loger, se nourrir, se déplacer, se soigner...sans mettre en péril notre planète ? Voici peut-être l'enjeu le plus brûlant du XXIème siècle.
Tout ceci n'est pas très réjouissant me direz-vous. Nous sommes entrés dans une zone de turbulences, c'est désormais un fait incontestable. Sera-t-elle passagère ou durable ? A l'échelle d'une ou deux générations, celles de nos enfants, les temps risquent d'être particulièrement difficiles. Mon optimisme me pousse à imaginer que l'humanité trouvera la voie du progrès, mais je doute aussi, comme beaucoup, face à l'avis de tempête sur notre avenir proche.
En attendant, nous avons ici en France et en Europe une immense chance. Non seulement celle de vivre en paix, dans une zone géographique stable, de pouvoir (encore) nous déplacer librement, de vivre nos passions et d'exprimer nos opinions sans entraves. Mais aussi l'opportunité de jouer collectivement un rôle vis-à-vis des pays ou régions en crise, et de montrer la voie, sans impérialisme, sans donner de leçons, sur des sujets fondamentaux que sont les libertés, la démocratie, ou encore l'environnement...
Alors demain je vais retrouver mon travail, mes amis, ma famille, mes voitures anciennes, passion comme une autre qui me donne tant de plaisir, je vais, comme tous les Français, continuer à vivre ma vie, du mieux possible, et préparer l'avenir de mes enfants, du mieux possible, mais je ne vais pas non plus oublier ce qui précède en tentant d'agir, à mon niveau, avec optimisme, comme toujours...
Allez, bonne année quand même et rendez-vous dans un an, avec, je l'espère, plus de bonnes nouvelles !
Commentaires