On dit parfois que les "Citroënistes" ont tendance à vivre dans le passé...Ce n'est pas mon cas. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent bien que mon intérêt pour la marque puise ses sources dans son riche passé mais que j'ai toujours souhaité la voir revenir sur le devant de la scène...et il faut bien avouer que j'ai été comblé au delà de mes espérances...Il y a encore trois ans, seuls quelques spécialistes ne m'auraient pas contredit (et encore...), mais force est de constater que la perception de la marque évolue vite. Citroën est dans une "spirale ascendante", comme l'écrit avec pertinence un journal spécialisé, et retrouve son rang, se permettant même de venir chatouiller Peugeot, avec ses 14 % de part de marché rêvés depuis longtemps et enfin atteints.
Après la rupture de la C4 berline au style affirmé, le lancement du C4 Picasso a mis tout le monde d'accord : Citroën est de retour. La C5, qui va envahir les showrooms dans quelques jours, représente une nouvelle étape pour la marque aux chevrons : celle de la (re)conquête, dans un segment très concurrentiel et trusté par les allemands, celui des berlines et breaks "premium", de type BMW série 3, Audi A4 ou Mercedes Classe C.
Rarement la présentation d'une nouvelle voiture n'aura suscité autant d'éloges de la presse automobile : la C5 a immédiatement séduit par son design, force de la marque depuis l'arrivée de Jean-Pierre Ploué au style en 2000. Puis, la présentation intérieure très cossue a convaincu les derniers sceptiques : une marque française va peut-être enfin pouvoir tenir tête aux allemandes, ce qui est depuis longtemps le fantasme de nos constructeurs nationaux : rappelons-nous la publicité pour la Renault 21, filant sur une autoroute allemande, direction Munich/Stuttgart, ou bien les XM/605, dont les problèmes de fiabilité firent tourner court toutes les ambitions, ou encore la Vel Satis, qui devait affronter les allemandes avec un certain décalage qui fut vite synonyme de rendez-vous manqué.
Alors Citroën a-t-il trouvé la formule magique ? Peut-être, l'avenir nous le dira... Mais déjà certaines voix un peu dissonantes s'élèvent : la C5, d'accord, mais est-ce encore une Citroën ? La question est en effet posée. Il est vrai que pour la première fois, un haut de gamme Citroën va exister en suspension conventionnelle ou hydraulique, cette dernière étant réservée aux versions haut de gamme. Il est également vrai que le style de la C5 reprend les "codes" esthétiques du segment qu'elle vise, et en particulier ceux des allemandes : la nervure latérale est en effet très "BMW série 3", la découpe des vitres latérales et la hauteur de caisse, très "VW/Audi", tandis que l'arrière rappelle l'Audi A4...la technologies est quant à elle très traditionnelle, bien loin des innovations auxquelles la marque nous avait habitués...il y a bien longtemps. Enfin, l'habitacle est quant à lui très soigné et très...traditionnel.
Alors la C5 est-elle trop consensuelle ? A t'elle suffisamment intégré les gènes de la marque ? Ne risque-t-elle pas de perturber les clients acquis à la marque et a-t-elle assez d'atouts pour attirer une nouvelle clientèle tout entière acquise aux marques allemandes ? La question se posera, inévitablement...
Seul le temps nous permettra d'y répondre. Cependant, je me risquerais bien à un pronostic. Oui, je suis persuadé que Citroën tient là l'outil de la reconquête. Oui, il y a une rupture par rapport au passé de la marque, mais cette rupture était indispensable. Revenons sur le produit : le design, tout d'abord. il reprend les codes du segment, certes, mais n'est-ce pas indispensable pour justement y réussir. La C5 a pourtant une personnalité bien à elle, c'est indéniable : l'avant est très Citroën et..très réussi. il faut voir le véhicule en trois dimensions (j'ai eu cette chance il y a déjà plusieurs mois) pour se rendre vraiment compte du soin apporté à tous les détails stylistiques, et certains sont vraiment Citroën, à commencer par la lunette arrière concave, et bien d'autres éléments que je vous laisse le soin de découvrir.
Les temps ont changé...le modèle de développement qui a prévalu pendant l'Age d'Or de la marque n'est tout simplement plus possible aujourd'hui. L'innovation presque sans limite et permettant une durée de vie du produit de 10, 15 ou même 20 ans, avec la perspective d'atteindre peut-être un jour la rentabilité souhaitée (en espérant que la concurrence ne se réveille pas trop vite), c'est désormais de l'histoire ancienne ! Cette stratégie qui a conduit la marque à sortir les produits mythiques que sont les Traction, 2 CV ou DS, n'est tout simplement plus possible dans le monde automobile d'aujourd'hui. Déjà, dans les années 70, la marque est passée au bord du gouffre pour ne pas avoir su ou pu se remettre en cause.
Citroën aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec ce passé, et c'est aussi pour cela que la marque existe toujours ! Les fameux "codes" techniques ou esthétiques sont beaucoup plus nombreux qu'avant, les contraintes liées aux normes de sécurité ou environnementales, la concentration et le rôle de plus en plus important joué par les fournisseurs, tous ces facteurs font que l'automobile d'aujourd'hui ne peut pas ressembler à celle d'hier. Le fait que Citroën ait réussi à passer ce cap en retrouvant une vrai personnalité est à mes yeux la meilleure preuve que le pari est en passe d'être gagné.
Et qui sait, peut-être qu'après nous avoir impressionnés et rassurés avec C4 et C5, elle s'offrira même le luxe d' à nouveau nous surprendre avec des produits beaucoup plus inattendus...
Certes, certes..mais malgré ses grandes qualités, on ne voit pas beaucoup de C6, j'ai peur que ce soit la même chose pour la C5. Pas assez "statutaire" mon fils, si seulement elle était sigléé"Audi" !...Ce qui me frappe, c'est cette tendance de plus en plus affirmée à tendre vers un aspect "massif", ramassé, avec une ceinture de caisse de plus en plus haute. Je cherchais récemment à remplacer ma deuxième voiture (une citadine ). beaucoup se valent. J'ai acheté une Modus. C'est une des rares voitures actuelles dont la hauteur de caisse reste basse avec un profil en creux, contrairement à la plupart des productions, elle me parait légère et lumineuse. Je sais que le style Audi représente la référence actuelle, je n'arrive pas à adhérer...ON est très loin de la DS....
Rédigé par: gerard guérit | 31 mars 2008 à 00:43
Belle cette C5, cela apparaît comme une évidence. Contestée ? Oui et non... Oui par son manque de personnalité propre. Non, parce que l'on sait bien aujourd'hui ce que l'originalité signifie sur le segment des berlines ; c'est l'échec. Lignes simples, "statutaire" comme on dis et sobriété, sont de rigueur "allemande" pourrait on dire pour espérer un succès... et ça, Citroën l'a bien compris. Les constructeurs français ont beaucoup perdu en crédibilités (fiabilité aléatoire, design à contre courant), espérons donc qu'avec cette C5 lissée et ses 1t8, le paysage auto des berlines pourra compter un peu plus, avec les Française...
Rédigé par: Matthieu | 20 avril 2008 à 12:44
Tous ces commntaires sont pleins de bons sens. Difficile, voir impossible de rompre avec les standards qu'imposent le marché tellement les contraintes sont fortes: Les coûts, les délais et la versatilité des clients nous les imposent. La C5 est un très beau produit markéting, un véritable instrument de (re)conquète que j'espère Citroen saura cultiver, mais ce qui fait d'elle une vrai Citroën se reconnait derrière le volant. Pour avoir parcouru près de 3000 Km en trois jours à son volant au fin fond de la Laponie, sur des routes dégradées que l'on ne connait plus chez nous, je peux vous dire qu'elle reste une auto à part, très attachante, avec un potentiel qu'auncune BMW ou autre Audi ne saura fournir sur l'aspect compromis confort / comportement. Cette suspension hydropneumatique dans sa dernière mouture est une pure merveille d'efficacité. Pourvu que ça dure !!
Rédigé par: Olivier | 24 juillet 2009 à 14:09