Souvenez-vous, été 2007, je prenais le départ du Rallye "Eté 65" organisé par Thierry et Sophie Dubois, au volant de ma DS 19 1957. Nous avions rallié Paris à Menton dans des conditions proches de celles des départs en vacances de l'époque (en voitures populaires et par les nationales...). Nous avions accompli le trajet en quelques jours et sans autre contrainte que celle de se retrouver aux principales étapes : déjeuners, hôtels, lieux de rassemblement sur la route et autres points de vue. Plus qu'un rallye, ce fut surtout l'occasion de retrouver des amis qui partagent la même passion pour l'automobile ancienne, les routes de France, les années 60 et qui savourent, le temps d'une petite semaine, le goût sucré de la nostalgie ainsi que des moments forts d'amitié, de rire et d'authenticité. Tout cela paraît
simple sur le papier mais représente une alchimie bien particulière que, pour ma part, je ne retrouve nulle part ailleurs et qui fait de cet événement quelque chose de très particulier que nous attendons tous, adultes responsables que nous sommes, comme des enfants.
Après deux ans d'une attente intenable, nous avons donc repris la "Route des Vacances" en compagnie de Thierry et Sophie Dubois qui nous avaient organisé cette année un parcours prometteur intitulé "Route Bleue 65", et qui reprend l'itinéraire choisi par de nombreux automobilistes dans les années 60 pour descendre dans le midi, via la N7 et la Nationale 82 qui permet d'éviter Lyon. C'est donc en comptant les jours et en préparant méticuleusement le départ que nous avons attendu ce jour particulier. C'était le 12 juillet dernier, Place d'Italie. En voiture...
Préparatifs
Quels préparatifs ? Pour ma part, ils furent rapides, en raison d'un agenda professionnel qui ne me laissa aucun répit jusqu'à la veille du départ : valises, appareil photo, lunettes de soleil, carte de France (ancienne !) au cas où, et le tour est joué. Pour la voiture, ce fut une autre histoire. Ils furent particulièrement poussés et rien n'a été laissé au hasard : c'est en effet une condition nécessaire (mais malheureusement non suffisante) pour espérer aller un bout d'un tel itinéraire sans panne ! Et dans le cas présent, l'enjeu était de taille, puisque j'ai décidé de partir avec ma fameuse Ami 6 de 63, dont je vous ai conté la belle histoire et dont la mise en route a été effectuée non sans difficultés. Justement, les premiers essais effectués après environ 8 mois d'immobilisation ne furent pas très concluants. Un certain nombre de détails posaient encore problème, principalement au niveau de l'étanchéité moteur. J'ai donc décidé avec mon ami Damien de redémonter entièrement la mécanique, opérations effectuées pendant un week-end de novembre, puis d'effectuer un remontage dans les règles de l'art (merci Damien pour tes compétences impressionnantes), de parfaire la finition : joues d'ailes et surtout face avant que j'avais malheureusement un peu abîmée en la ramenant du garage en février 2008. Tout ceci s'est déroulé entre novembre 2008 et mai 2009, et mon Ami 6 a avalé ses premiers 500 km en juin dernier, puisqu'elle a effectué le retour Périgueux-Paris sans aucun souci !
J'ai ensuite effectué quelques trajets en Région Parisienne toujours sans problèmes et avec beaucoup de plaisir (enfin...). L' Ami 6 est vraiment une voiture atypique et très attachante !
La veille du départ pour le Rallye "Route Bleue 65", j'ai donc effectué un nouveau nettoyage en profondeur et Damien, qui participait également au Rallye, est arrivé en fin de journée pour effectuer un check-up final et resserrer le radiateur d'huile qui fuyait légèrement. Enfin ! Je crois que tout est prêt pour le départ. La dernière nuit fut forcément courte et agitée et nous sommes partis aux aurores avec Damien rejoindre nos compagnons de voyage Place d'Italie.
Le départ
Ça-y-est, le jour J est arrivé, et je retrouve rapidement le petit attroupement de voitures anciennes qui s'est formé devant le Centre Commercial Italie 2. Certains ont trouvé des tenues et des accessoires d'époque qui plongent le petit groupe encore un peu plus dans l'ambiance. Cette année, de nouvelles voitures font leur apparition : Volvo 544, Sunbeam Rapier, 2 Isetta (!), de nouvelles 404, mon Ami 6, Mercedes 180 ponton carrossée en break par Binz... On retrouve aussi quelques véhicules familiers des précédents rallyes : Stephane et sa 2 CV AZLP, Damien et sa 2 CV AZAM, les Auberi et les Vertongen avec leurs fidèles Colorales, Fabrice Maze et sa Traction, Jean-Philippe Pingot et sa magnifique Panhard...
Très vite, nous nous regroupons autour de la voiture de Franck et Rika, une superbe Isetta BMW rouge, dont la restauration a été terminée quelques jours avant le départ. Elle n'a fait que quelques kilomètres avant le Rallye et nous verrons assez vite que cette absence de rodage préalable allait réserver quelques (mauvaises) surprises. En effet, après quelques centaines de mètres, les freins ne répondent plus...Verdict : flexible de la roue avant droite sectionné net ! Franck s'affaire pour tenter de réparer. On le verra désormais allongé sous sa voiture en compagnie de sa boîte à outils à chaque arrêt. Il trouve une solution provisoire en neutralisant le freinage sur la roue en question, situation précaire et potentiellement dangereuse (en particulier sur un véhicule à trois roues) mais qui permet tout de même de prendre la route.
8h30 : Thierry donne le départ après un briefing rapide. Première étape : nous traversons une banlieue parisienne déserte (heureusement), passons sous les pistes d'Orly puis effectuons un premier arrêt au Coudray-Montceaux où le club "Fans d'anciennes" nous rejoint pour effectuer une étape avec nous jusqu'à Briare. Les deux Isetta clôturent le convoi car elles roulent ...à leur rythme. Elles constituent assurément le coup de coeur de l'édition 2009 de notre Rallye grâce à leur physique particulier mais irrésistible, leurs couleurs (rouge pour l'une, jaune pour l'autre) , et également grâçe à la mise en scène très réussie de leurs propriétaires ! Les voir rouler ensemble sur la N7 restera une image gravée dans ma mémoire.
La route
Nous déjeunons à l'auberge du Pont-Canal de Briare dans une atmosphère détendue : les vacances ont commencé, enfin ! Franck s'affaire sur son Isetta rouge, Michel sur sa jaune qui consomme beaucoup d'huile : ça promet !
Pour ma part, rien à signaler, l'Ami 6 fonctionne parfaitement. C'est son premier voyage depuis bien longtemps. Croisons les doigts pour que tout se passe bien...
Nous quittons Briare après le déjeuner. Chacun roule à son rythme, ce qui est très appréciable. Parfois certains s'arrêtent alors que d'autres "tracent". il arrive même de croiser des équipages se dirigeant dans le sens inverse ! Mais cette indiscipline est parfaitement organisée ; Nous nous retrouvons "naturellement" aux points indiqués sur le road-book. Seuls les arrêts "rafraichissements" sont scrupuleusement respectés. Pour les autres, c'est une autre histoire !
Nous passons Cosne-sur-Loire en milieu de journée et nous arrêtons aux "200 bornes", près de Pouilly-sur-Loire où le propriétaire a reconstitué une station d'époque : nous sortons les appareils photos pour immortaliser nos équipages...
La route continue et le soleil fait son apparition vers Magny-Cours, après une première partie de journée très pluvieuse. Traditionnellement, il pleut presque à chaque fois que je roule en ancienne et cette première journée ne fait pas exception à la règle...
Nous approchons de Moulins, première ville étape. A Saint-Pierre le Moutier, rassemblement autour de la Volvo 544 dont le moteur émet des claquements inquiétants. En quelques secondes, les boîtes à outils sont sorties. Plusieurs mécaniciens chevronnés (une compétence appréciée quand on roule en ancienne) s'affairent sur la mécanique, mais en vain. Le diagnostic n'est pas bon et nous décidons de remorquer la Volvo jusqu'à Moulins. Franck est quant à lui sous son Isetta comme à chaque étape ! Une situation qui pimente notre parcours mais qui n'est certainement pas si facile à vivre pour l'intéressé...
A Moulins, arrêt à l'Hôtel du Parc. Nous sommes tous ravis de cette première journée. Chacun va prendre des nouvelles auprès de chaque équipage, nous nous attardons longuement autour des véhicules rangés dans la cour de l'Hôtel. Nous dinons fatigués mais heureux au "Grand Café", par une belle soirée d'été !
Le lendemain, départ à 8h45 pour la deuxième journée...Nous nous arrêtons au garage Peugeot de Moulins, où le propriétaire amateur d'anciennes nous accueille. Franck essaye de trouver la durite de freins pour son Isetta car l'étape du jour comprend la montée du Col de la République, après St Etienne, qu'il est inconcevable de vouloir franchir avec un freinage défaillant. Malheureusement, la pièce est introuvable et Franck est obligé de laisser son Isetta sur place. Quelle déception...
Notre convoi s'est effiloché et nous avons quelques difficultés à rassembler tout le monde à Lapalisse, où la municipalité nous avait organisé un rafraichissement...heureusement, le téléphone portable, accessoire pas vraiment d'époque mais indispensable, nous permet de prévenir tout le monde.
Le paysage est magnifique après Lapalisse, et nous faisons un détour par Droiturier, en empruntant une route très ancienne. Nous nous retrouvons près d'un pont remarquable du 18ème siècle perdu dans la nature, preuve que cette route aujourd'hui oubliée avait un trafic important avant même la naissance de la N7...
Nous passons les bourgs et villages de la N7, bien connus de ceux qui suivent la collection de miniatures Altaya "la Route Bleue", puisqu'ils y sont décrits avec détail. Même des lieux inconnus recèlent parfois des trésors, invisibles pour ceux qui les traversent en temps normal : monument commémorant un événement marquant ou le passage d'une personnalité, publicités anciennes, garages des années 30, auberge historique, etc...Un tel rallye est l'occasion de découvrir qu'une route comme la N7 n'est pas seulement un morceau de bitume, c'est aussi un morceau d'histoire. Dans "Route bleue 65", c'est le trajet qui compte, pas la destination...
Nous passons Roanne et nous arrêtons à Neuville, où la municipalité nous a organisé un accueil chaleureux. Après un déjeuner copieux, nous prenons la route pour St Etienne. Le convoi s'est disloqué. La route historique se perd entre les rocades, ronds points et autres déviations. C'est l'une des parties les plus difficiles du trajet, la circulation est dense et nécessite une attention de tous les instants en ancienne, car notre rythme n'a plus rien à voir avec la circulation moderne. La température dépasse les 30 degrés. Ma bobine d'allumage a chaud et les redémarrages sont de plus en plus difficiles...la montée du Col de la République n'est pas loin et je décide de faire un arrêt afin de laisser refroidir la mécanique. La montée se passe finalement sans encombre nous dépassons même quelques équipages dont les moteurs refroidis par eau commençaient à chauffer...
Nous rejoignons ensuite les bords de Rhône, et le paysage change instantanément : ça sent le Sud...
A Tain l'Hermitage, nous nous arrêtons quelques instants pour admirer l'un des magnifiques ponts suspendus conçus par Marc Seguin, connu pour être aussi l'un des pionniers des chemins de fer français. La route est large, belle, et suit les amples méandres du Rhone...
Nous arrivons à Valence et nous installons à l'Hôtel California qui a pour caractéristique de n'avoir jamais été rénové depuis son ouverture en 1969 ! Ambiance garantie : amateurs de palaces, passez votre chemin ! La patronne qui semble sortie d'un film de Gérard Oury nous déclare fièrement que Claude François, entre autres stars, a séjourné ici peu avant sa mort...
Nous partons rapidement manger au "7", bistrot d'Anne-Sophie Pic, un souvenir culinaire exceptionnel ! Au retour, nous organisons une "surprise party" improvisée à l'hôtel, grâce à mon Ipod et à d'efficaces mini-enceintes que j'avais opportunément emportées : un grand moment de rire au grand dam de la patronne qui n'a certainement pas vu un tel raffut depuis quelques années...
Le lendemain, nous prenons la route pour Piolenc et traversons des communes aux noms évocateurs : Rochemaure, Pont Saint-Esprit, Mondragon...la route est magnifique...et déserte : nous sommes le 14 juillet. Après un détour par Montélimar pour acheter quelques nougats, nous rejoignons Piolenc et nous arrêtons pour déjeuner au Château Simian, étape traditionnelle de notre Rallye puisque le propriétaire viticulteur des lieux est également amateur de routes ensoleillées et de véhicules anciens. Après une petite balade dans les vignobles et pour certains une courte sieste, nous repartons non sans difficultés, direction Aix en Provence, que nous atteignons vers 19h00. La Mercedes de Jean-Pierre Fouquet nous fait quelques frayeurs mais arrive finalement à bon port. Il a fait très chaud aujourd'hui, et les mécaniques ainsi que les conducteurs sont un peu fatigués...Thierry nous laisse royalement 30 minutes pour prendre une douche et nous changer, puis nous partons pour le Cours Mirabeau où règne une atmosphère festive ! Nous dînons aux deux garçons, célèbre brasserie, puis certains décident de se promener en ville, pendant que d'autres, éreintés, regagnent leurs chambres pour une nuit réparatrice.
Mercredi 15 juillet. En plein sommeil profond, je reçois un coup de fil de Thierry qui me réveille. Il est plus de 9 heures et le convoi est déjà parti ! Tant pis, je le rejoindrai plus loin. Je quitte ma chambre rapidement et croise au petit déjeuner Damien, qui visiblement a eu le même problème que moi, puis nous retrouvons...Stéphane sur le parking de l'hôtel : finalement, nous serons trois à rejoindre le groupe avec un retard finalement vite rattrapé.
La route est superbe : nous longeons la Montagne Sainte-Victoire et le ciel est d'un bleu azur...pas le temps de s'arrêter, il faut arriver à Tourves avec les autres pour traverser la ville en convoi : une petite cérémonie a été organisée par la Mairie pour notre passage, et effectivement il y a la foule des jours de fête sur la place du village. Le Maire a sorti son écharpe tricolore, le curé bénit les équipages, un (faux) gendarme essaye de faire la circulation. Bientôt le centre-ville est bloqué par nos voitures anciennes, comme à l'époque, finalement, car la traversée de Tourves, particulièrement étroite, fut pendant longtemps bien difficile pour les vacanciers...et les habitants ! Après un apéritif municipal, nous déjeunons à l'auberge de Tourves qui a mis les petits plats dans les grands...le départ fut à nouveau très difficile après une telle halte...La mer Méditerranée, symbole des vacances, n'est plus très loin, 80 kilomètres environ, alors courage !
Enfin la mer...
Nous arrivons dans la circulation effrénée de Fréjus vers 16h30 : la côte d'Azur est enfin là, et nous allons immortaliser l'instant sur la plage de Saint-Raphael...Certes, nous ne sommes pas à Menton, mais j'ai la satisfaction d'avoir fait presque 900 kilomètres sans aucun problème mécanique. L'Ami 6 est vraiment une voiture agréable (certains passagers occasionnels attirés par son confort pourront en témoigner), et qui tient de très bonnes moyennes sur Nationale...qu'on se le dise !
Pas le temps de souffler. Direction Grasse via La Napoule, l'Esterel, Mandelieu et Pégomas. Nous arrivons en début de soirée, prenons nos quartiers chez Thierry ou dans des hôtels des environs, puisque la plupart resteront quelques jours pour profiter de la région. Nous dinons à Pégomas au Lou pas de l'Aï, une excellente adresse, ce qui nous change finalement assez peu des précédentes étapes, tant les restaurants ont été judicieusement choisis...
Le lendemain, dernière étape, et pas des moindres : direction Menton par la Moyenne Corniche, puis déjeuner à Dolceaqua, près de Vintimille. Le trafic est dense et le convoi se disloque à l'arrivée sur Nice. Nous nous retrouvons un peu plus loin, au Col d'Eze. La route est superbe, et nous passons La Turbie, puis Roquebrune Cap Martin. L'arrivée sur Monaco est toujours difficile mais il semble qu'il y ait moins de circulation qu'il y a deux ans. Tant mieux, car le trajet avait été difficile avec ma DS 19 et je redoutais une expérience similaire avec mon Ami 6. Il n'en fut rien : montées abruptes, bouchons, descentes : elle s'est sorti de toutes les embûches avec brio...
L'arrivée au poste frontière de Menton est toujours un moment d'émotion : la fin du voyage, après plus de 1.000 kilomètres de route ! Nous immortalisons la scène et les appareils photo crépitent à chaque passage de nos voitures devant ce fameux poste frontière immortalisé dans le film "Le Corniaud"...après l'arrêt de l'Isetta rouge et de la Volvo 544 à Moulins, l'ensemble des voitures restantes a rejoint Menton, y compris l'Isetta jaune, ce dont Michel Dartevelle n'est pas peu fier. Nous sabrons le Champagne devant quelques douaniers médusés...et repartons rapidement car cette année la fin du voyage est...en Italie, où nous attend une fois de plus un repas pantagruélique.
Le retour à Grasse s'effectuera exceptionnellement par l'autoroute pour la plupart d'entre nous en raison du trafic très dense sur les routes en cette saison. Mon Ami 6 m'offrira un petit calage au péage après la grande descente de La Turbie...et redémarrera rapidement, poussée pas un douanier et un agent du péage...merci messieurs !
Le Rallye "Route Bleue 65" touche à sa fin. La plupart d'entre nous sommes restés à Grasse jusqu'au dimanche matin, deux jours (et deux soirées) inoubliables...en compagnie de Thierry et Sophie, enfin rassurés que le Rallye ait été une fois de plus un grand succès. Nous avons tous vécu un moment rare d'amitié, de découverte, d'émotions. Merci à vous deux pour cette semaine irréelle...et à dans deux ans : plus que 700 jours, 699, 698...
Un beau compte-rendu qui nous va droit au cœur !
Merci beaucoup,
Thierry et Sophie
Rédigé par: Thierry | 19 août 2009 à 17:25
Une grande édition de la N7, avec pour composantes de la réussite : une organisation sans faille (encore merci Sophie et Thierry), une bonne humeur générale, et des décors de rêve... Un compte rendu concis et agréable à lire et qui remémore les excellents moments passés ensemble, assurément inoubliables, vivement 2011! Au fait c'est encore loin la mer ?
Rédigé par: Damien | 20 août 2009 à 02:31
Quel plaisir de relire ce qui fut un de mes plus beaux voyages.Une organisation parfaite, une ambiance unique avec tous les amis et un animateur de soirée génial.
Vivement 2011 !
Doktor Müller !
Rédigé par: Michel Dartevelle | 01 septembre 2009 à 19:33