Si vous êtes comme moi amateur de la fameuse ligne claire rendue célèbre entre autres par Hergé et Edgard P. Jacobs, et si en plus vous aimez les voitures anciennes en tous genres, alors n'attendez plus : courrez acheter "Le mystère de la Traction 22", un album sorti il y a à peine 6 mois et dont le succès en librairie a déjà dépassé toutes les espérances des auteurs Olivier Marin et Emilio van der Zuiden.
L'histoire, qui se déroule en 1959, relate les aventures d'une jeune et jolie stagiaire journaliste que des collègues un peu taquins lancent sur la piste improbable de la mystérieuse Traction 22, véritable Graal du citroëniste évoqué sur ce site il y a quelques mois (voir note "Traction Avant 22, la plus mystérieuse des Citroën").
Un premier ouvrage prometteur, d'une réalisation impeccable, qui devrait, selon toutes vraisemblances, être prochainement suivi d'un nouvel opus...
Olivier Marin s'est prêté au jeu de l'interview express en 8 questions en exclusivité pour les lecteurs de Citropersoboulot...
Olivier, quel est votre parcours, et qu'est-ce qui vous a amené à la BD ?
Je suis passionné de BD depuis tout petit, j'étais un lecteur assidu de Pif Gadget, du Journal de Tintin et de Spirou. Mon père était quand à lui passionné par les voitures anciennes, il possédait une Traction 7C, et beaucoup de livres en tous genres. Il y a beaucoup de parallèles possibles entre BD et voitures anciennes. Étant moi-même autodidacte, j'ai commencé par dessiner des pastiches de Tintin, et je me suis essayé à la ligne claire. En 2007, j'ai sorti un premier album "Michèle, les mystères de l'Est". Mais déjà en 1984, lors des 50 ans de la Traction Avant, j'avais imaginé une première version du "Mystère de la Traction 22". J'ai repensé à ce que j'avais fait après mon premier album à "ligne claire" en 2007 et je me suis dit "Pourquoi ne pas réunir ligne claire et automobile ancienne avec cette fameuse histoire de la Traction 22 ?" Mon éditeur (Paquet) a été emballé par cette idée et a dit "banco". Ce "truc" était en moi depuis 25 ans...
Je me suis chargé du scénario, des décors, des voitures et du découpage. Nous avons cherché un dessinateur capable de dessiner des personnages en ligne claire, très fluides : Emilio van der Zuiden a donc fait les personnages ainsi que le storyboard. J'ai par ailleurs effectué les recherches relatives aux années 60. On ne peut pas improviser pour dessiner cette époque, il faut être rigoureux.
"Le mystère de la Traction 22" est un album abouti, quelles ont été les principales difficultés à surmonter pour le réaliser ?
Le premier travail, le plus important, c'est la recherche de documentation. Pour Citroën, c'est facile, mais par exemple pour la case où nous voyons une garniture de porte intérieure d'Alfa-Romeo, il m'a fallu pas mal de temps pour trouver le bon modèle...
Sinon, la ligne claire, c'est assez fastidieux. Une page avec 12, 13 ou 14 cases est longue à réaliser, entre le crayonné, le trait, la mise en couleur. Une BD, c'est 8 à 9 mois de travail intensif pour 45 minutes de lecture !
Quel est le bilan depuis la sortie de l'album ?
Pour la maison d'édition, c'était un peu un test. Le premier tirage de 5.000 exemplaires a été épuisé en 3 semaines. Nous en sommes déjà à la troisième édition. Nous sommes distribués dans tous les pays francophones, il existe aussi depuis peu une édition en néerlandais, et la version allemande sort fin novembre...
Avez-vous d'autres projets ?
Nous attaquons une nouvelle histoire, toujours autour des "enquêtes automobiles de Margot". L'idée est de garder cet écart de 50 ans entre aujourd'hui et l'époque de l'album. Nous serons donc en 1960 dans le deuxième album, consacré à la "Déesse de la route" et qui sortira normalement mi-2010.
Sinon, les Éditions Paquet vont créer une collection de BD consacrées à l'automobile : la collection Calandre.
Nous retrouverons donc Margot, l'héroïne sexy du premier opus ?
Oui, les femmes sexy étaient très présentes dans le cinéma des années 50 et 60, mais absentes des bandes dessinées de cette époque. Margot est une héroine de cinéma qui s'est donc un peu perdu dans une BD : c'est l'idée.
Les grands noms de la BD ont souvent des sources d'inspiration bien réelles insérées dans une histoire fictive. Qu'en est-il pour "Le mystère de la Traction 22" ?
C'est une histoire fictive inspirée de faits réels. Il y a quelques clins d'oeil à Hergé, Jacobs ou encore Tatie. Je n'ai pas été jusqu'à inclure des personnages réels sauf peut-être le vendeur de chez Citroën qui m'a été directement inspiré par un vendeur Citroën bien réel qui m'avait très mal reçu alors que je cherchais à acheter une voiture !
Pour le reste, il est évident que la crédibilité d'un album comme "Le mystère de la Traction 22" passe par des décors inspirés du réel et par les recherches, encore et toujours...
La voiture ancienne a le vent en poupe : à votre avis, quelle en est la raison ?
Nous sommes dans une époque incertaine, pour plein de raisons. Les années 60 rassurent, elles incarnent l'optimisme, la légèreté, c'était aussi le temps du plein emploi. Quoi de mieux qu'une voiture ancienne pourrait évoquer cette époque. Regardez la Fiat 500, la Mini...Même sir les voitures actuelles sont bien conçues, confortables et sures, les voitures anciennes ont une "gueule", elles se réparent facilement et dégagent un charme fou.
Merci à Olivier Marin pour cette interview express...nous attendons avec impatience la suite des aventures de Margot...
A vrai dire, j'étais resté un peu sur ma faim en lisant ton article sur la Traction 22. Toutes les informations nécessaires mais avec cette BD que tu m'as invité à lire, voici de l'image, de la couleur et de la fraîcheur en plus. En bref, du rêve ajouté au mythe...
Encore merci.
Rédigé par : Jean-Pierre | 30 décembre 2009 à 00:04