Ce samedi 18 septembre, l'UTAC avait exceptionnellement entrouvert les portes du site de Monthléry, désormais inaccessible au grand public depuis 2005. Lieu chargé d'histoire, l'autodrome de Monthléry porte les stigmates des années et de son passé riche en courses, exploits et drames. De nombreuses stèles disséminées le long du grand circuit nous rappellent les drames qui se sont déroulés ici, comme la mort d'Antonio Ascari, en 1925, celle de Louis Rosier en 1956, Peter Linder ainsi que trois commissaires en 1964, et bien d'autres.
Le tracé est magnifique, avec ses virages, serrés, ses lignes droites, son relief dû à sa situation sur le plateau de Saint-Eutrope. Il est aussi extrêmement dangereux avec l'absence de dégagements et les fascines piégeuses. L'anneau à lui seul est une véritable pièce de musée. Construit en 1924, c'est un des premiers exemples d'ouvrages en béton à éléments préfabriqués. D'une longueur de 2.5 km, il possède des virages inclinés à 51° (!) calculés pour permettre de rouler à 220 km/h.
Monthléry a été le théâtre de nombreux record en tous genres, dont le plus célèbre est certainement celui de la Petite Rosalie Citroën qui a parcouru plus de 300.000km en 1933.
Le Circuit de Monthléry a connu son âge d'or entre les années 30 et 60, avec l'organisation de nombreuses compétitions comme le Grand Prix de l'ACF ou les 1.000 kilomètres de Paris. Cependant, la piste s'avère de plus en plus inadaptée à l'augmentation des performances. La dégradation de l'anneau le rend dangereux et le circuit reçoit sa dernière grande manifestation publique en 2005. Depuis, il est réservé aux laboratoires de l'UTAC, aux essais presse et à quelques événements privés.
Fortement endommagé pendant la 2ème guerre mondiale, l'autodrome est donné en gérance par le Ministère de la Guerre en 1946 à L'UTAC (Union Technique de l'Automobile, du Motocycle et du Cycle), qui en assure la remise en état et l'entretien, et y installe ses laboratoires d'essais et d'homologation. L'UTAC a entamé aujourd'hui un vaste programme de modernisation et tente de trouver des solutions afin de préserver l'anneau bientôt centenaire. Une association se bat également pour la mémoire de ce morceau d'histoire qui compte de nombreux passionnés et défenseurs très actifs sur le net, avec par exemple l'excellent blog http://autodrome.over-blog.com, ou bien http://memoiresdestands.hautetfort.com, ou encore sur facebook .
Monthléry est un témoignage unique en France de l'Age d'Or de l'automobile, un lieu magique où l'émotion est palpable dans les stands, et à chaque virage. Pour en découvrir quelques photos prises ce week-end, c'est ici...
Ce n'est pas l'autodrome de Montlhéry, mais celuis de Linas-Montlhéry, l'autodrome étant d'ailleurs entièrement situé sur le commune de Linas, voisine de Montlhéry.
Rédigé par : Louis | 12 novembre 2010 à 21:15